textes et images

Rimouski, Québec, Canada
Native du Bas-Saint-Laurent, Claudine Desrosiers utilise le médium de l’écriture mais aussi ceux de la photographie, du dessin, du collage et de la peinture. Elle conçoit des environnements qui conjuguent les mots et les images sous forme de textes poétiques, de dessins ou de livres d'artiste. Elle raconte des histoires, son histoire et celle des autres. Dans sa démarche, elle s’interroge sur les notions de métissage et de souci de l’autre et tente de brouiller les frontières entre l’art et la vie. Répétition, variation, fragment, contamination, elle transporte les traces, rognures et rebuts d'une oeuvre à l'autre afin de ne pas perdre le fil du temps qui passe, afin de ne pas perdre sa trace, la mémoire de son parcours. Sa pratique artistique interroge le lieu, celui d'où l'on vient et celui où l'on va. Origine et destination. L'activité artistique étant le lieu même qui alimente ses réflexions sur le pouvoir transformateur de l'art et ses capacités de transmission. L'art permet de transposer la vie dans le champ de l'impossible, celui de l'écriture ou de la mise en image, comme lieu qui n'aura jamais lieu.


Du 14 juin au 21 juillet 2017
l'exposition L'esprit migrateur
Galerie Léonard Parent à Rimouski

Il y a le lieu d’où l’on vient et celui où l’on va. On part d’ici pour aller là-bas, on vient nécessairement d’ailleurs quand on arrive ici. Le lieu s’impose au présent et le temps passé ou à venir le met en mouvement. Ce lieu, cet espace-temps que je libère par mes images, c'est aussi celui de l’écriture. Exister, c’est être quelque part.  Et tenir parole, c’est tenir lieu par le signe, par le mot ou par l’imageLà où je me raconte en dehors de toute frontière, dans la mémoire créatrice et l’imaginaire.


L’esprit migrateur cumule des lieux et au fur et à mesure qu’il avance, il va vers son destin ou sa destination prochaine. Il migre à travers des montagnes intérieures qui sont faites de livres, de couleurs et de matières diverses entassées pêle-mêle. Il circule avec passion et terreur : des ascensions inévitables, des descentes parfois vertigineuses, partout les éboulements du hasard.

Mes toiles sont toutes orientées vers l’espace du dedans (expression d’Henri Michaux). Traverser! Tout est là. Il y a des hauts et des bas dans la vie et il ne faut pas se laisser emporter par eux, il faut les dépasser sans les nier, c’est dire comme il est essentiel d’apprendre à traverser ses mythologies personnelles.

L’esprit migrateur vous invite à faire un voyage à travers le temps et l'imaginaire. Nous écrivons des histoires ou plutôt des histoires s’écrivent, par nous, malgré nous, grâce à nous. On les mémorise et on les transmet en les racontant. Quand on nomme les choses, on les fait exister et quand on crée des images, on fait exister un monde, un univers. Qu’il s’agisse d’un poème ou d’une image, la lecture est d’abord un parcours que l’on construit, pense, vérifie afin de se l’approprier.


 Je cherche une trace de moi I et II







Techniques mixtes sur toile 30 x 40 pouces.



L'esprit migrateur


Techniques mixtes 36 x 36 pouces.



Série Le goût de lire

Du 14 juin au 21 juillet 2017
Exposition L'esprit migrateur
Galerie Léonard Parent à Rimouski


Le goût de lire entre les lignes



Collage papier japonais et pages d'un roman de Balzac sur toile 24 x 30 po.



Transmettre le goût de lire autrement





Le goût de relire Victor Hugo 




Le goût de lire ailleurs


Collage papiers japonais et pages d'un roman de Balzac 12 x 15 po.

La grande migration 

Du 14 juin au 21 juillet 2017,
Exposition L'esprit migrateur 
Galerie Léonard Parent à Rimouski.


La grande migration est un  enchainement de toiles verticales dont l’ensemble forme un grand paysage à l’horizontale, comme une suite narrative de petites histoires accolées les unes à la suite des autres formant ainsi une grande histoire, celle de la migration des mémoires du vivant.

Des fragments de photos de peintures rupestres de différentes régions du monde sont disséminés dans les tableaux. On y lit les traces laissées par d’autres il y a très longtemps, des traces de leur histoire personnelle ou collective qu’ils ont archivées ou peut-être voulues conservé de différentes manières afin de les transmettre.

La petite fille aux ailes de papillon évoque notre capacité de transformation et de changement. Elle est à la fois un personnage de conte qui incarne la messagère de nos histoires personnelles et la représentation de notre imaginaire libre d’aller où il veut.

Le héron est l’oracle, l’image du migrant qui assure la transmission. Pour les Égyptiens, il est un symbole de résurrection et annonciateur de bonnes nouvelles. Il représente également la tranquillité et la quiétude. Chez nous, le héron est un oiseau qui migre à travers les Amériques tout au long de l’année.

L’éléphant symbolise le transport et la conservation de la mémoire. Il apporte la patience nécessaire au jeu de l’incarnation, à l’évolution de soi et du monde. En animal-totem, il nous invite à ouvrir notre champ de conscience et à maitriser l’incroyable force de notre énergie pour soutenir le monde de la création dans l’équilibre et l’harmonie. Il suggère de prendre sa place sur l’échiquier de la planète terre sans écraser l’autre. 

Dans ce long paysage défilent beaucoup d’oiseaux certains de style rupestre et d’autres, relativement réalistes pour signifier des représentants du passé et d'aujourd'hui. Ils participent au grand mouvement de la migration. Plusieurs espèces d’oiseaux migrent pour assurer leur survie, je les considère comme des porte-bonheur. Ils signifient pour moi la transmission de la capacité de rêver.

Finalement, le chevreuil évoque la douceur, celle qui touche le cœur, il apporte sécurité et guérison dans le processus de migration. Chez les peuples de la steppe asiatique, il est le guide des âmes et dans l’ancien Mexique, il est le porteur du soleil.















Acrylique et collage sur toile 36 x 112 pouces (92cm x 2,05 m)

Rencontrer l'univers de l'autre, se métisser.

Été 2015, du 5 au 12 août, résidence de création au Centre d’artistes Vaste et Vague à Carleton-sur-mer, suivi d'une exposition à la bibliothèque de Pointe-au-père de Rimouski du 3 décembre 2015 au 10 février 2016.


Je tends l'oreille, je m'approche, je touche une langue étrangère.


J'entre dans le vocabulaire et mime les les mouvements de la graphie.


Je tente de faire résonner les mots dans le présent de la vie.

J'écoute, je regarde, j'attends.


Je pousse dans la langue.


Je circule et me dissout dans les formes,
je transcris les courants, j'invente des trajets.



Je me métamorphose, j'entre dans la vie des matières colorées.



J'échange des matières, des manières.


Je raconte l'histoire de ce métissage. 



Une histoire de main énormément.



J'écris pour voir ce que je peins: mon visage métissé.



Été 2015, techniques mixtes sur papier aquarelle 11 x 15 pouces.




Il était une fois...au parc du Bic.

Séries de dessins à l'encre et acrylique destinés à un conte.









Hiver 2015, techniques mixtes sur papier aquarelle 11 x 15 pouces.


 Je cherche une trace de moi

Archiver, conserver, dresser une liste de souvenirs, d’empreintes, de traces 
afin de retenir le temps qui passe.













Été 2014, dessins, collages, photos et textes sur papier 11 x 15 pouces, destinés à un livre d'artiste.

Mémoires d'automne


La froideur des pierres baroques et l'humide de novembre donnent à penser, à retourner cette idée de penser comme on retourne un gant, d'en suivre les fils, les détails perdus, entrecroisés. Assise tout près du bleu de mer, je contemple les rochers couverts de mousses encore tendres et les rosiers sauvages déparés.  Certains jours, on y entend le bruissement d'histoires anciennes comme un vent froid fragile.

Et, si l'on tend la peau un peu plus, brusquement le vent se retourne, faisant jaillir un parfum d’ocre mouillée ou quelques syllabes au goût de sel. Chacun emporte dans ses bagages de vieilles histoires qui remontent les jours de brouillard avec leur enchevêtrement d’odeurs et leurs couleurs si particulières. C’est à la fois notre misère et notre richesse d’être fait de temps et de temps qui s’achève.









Automne 2014, techniques mixtes sur toile 24 x 36 pouces


 

 Peindre de mémoire 


Je prends la mesure du paysage


Je m'approche doucement


Le paysage entre en moi


Il explose


Je m'Écrie


Les mots déferlent


J'absorbe tout


Août 2014, techniques mixtes sur papier 8,5 x 11 pouces


Projet Rioux-Bic du 11 au 18 août 2014

Résidence de création- écritures, dessins,photographies et performance






Laisse un mot avant de partir


Au grenier de la maison Rioux, au beau milieu de papiers de toutes sortes, de journaux, de promesses non tenues, de notes périmées, de convocations à jamais tardives, d'enveloppes vides, de listes d’épiceries, de requêtes sans objet, les artistes font une découverte. Un rayon de soleil en provenance de la lucarne fait apparaître un objet dans un interstice du plancher de bois.  Ils réussissent à extirper doucement l'objet en tirant une planche qui cède sous la pression des doigts. Il s'agit d'une petite boîte en métal contenant des lettres s'échelonnant entre 1913 et 1927.  Il est certain que ces lettres à l'abandon ont complètement modifié le comportement des artistes. Au fil de la lecture, ils deviennent habités, saisis d’une passion. Ces lettres inaugurent l'intention profonde d'une rêverie de l'encrier et du pinceau, ils chercheront à « redessiner l’histoire » de la famille Rioux.

Vérité ou fiction ? Réel ou fantasme ? Quelles relations les artistes entretiennent-ils avec le vrai et le faux ? Quels dispositifs permettent de faire partager le réel à travers la fiction ? Confrontés à de vraies fictions et à de fausses vérités, le visiteur pourra s’imprégner du travail des artistes et y participer à son gré, en laissant un mot épinglé au mur avant de partir…

Le titre de ce projet de recherche-création, lancé comme une injonction au spectateur à écrire. Séduits par l’évidence du témoignage, nous avons parfois tendance à accepter le récit comme un document historique. La tentation est grande quand on  « écrit la vie » de croire sur parole. 

Tous les mots des visiteurs recueillis au cours de la semaine et affichés au mur de la résidence ont été rassemblés en un livre d'artiste.






Les artistes ont invité les gens à participer à la marche à la mer en refaisant le parcours emprunté par les amoureux dans le sentier menant de la maison Rioux au chalet Lyman. Les lettres ont été lu par les artistes à différents moments tout le long du parcours. Les gens ont inscrit un mot secret sur un caillou et ceux-ci ont été lancés à la mer au jour 7 de la résidence devant le chalet Lyman. 
L'écriture de la vie


2013, techniques mixtes sur toile 30 po x 30 po.
Autoportrait à l'atelier


 


Techniques mixtes sur toile 20 x 24 pouces